Les dragées d'oncle Jacques

Voici un texte de mon amie Christine Saint Dizier Hardy où elle raconte sa propre expérience de guérison : "Des rondes, des ovales, bleues, roses, blanches, aux couleurs pastel d'il y a 50 ans, qu'il suffisait de laisser fondre doucement sous la langue pour se heurter délicatement à l'amande cachée au centre que je pouvais

alors croquer.

 
Nous devions ces moments de fête à un grand-oncle, prêtre, « Oncle Jacques » pour toute la famille, qui, connaissant le penchant de sa filleule pour ces douceurs, offrait chaque année à ma mère un énorme sac de dragées glanées à cet effet au gré des baptêmes, mariages et autres communions qu'il célébrait.


Dans mes souvenirs, une affirmation claire et nette depuis mes 3-4 ans : « quand je serai grande, je guérirai les gens avec mes mains sans les toucher ». Et encore, des mots captés au vol : « Christine ne nous a jamais causé de soucis ». Jamais, sauf que j'étais née morte, étranglée par mon cordon ombilical ; je devais le fait d'être vivante à mon grand-père maternel, gynécologue, qui m'avait réanimée à la naissance sous l'oeil courroucé de son chef de service me prédisant un avenir de « débile profonde ». Rien de grave donc, à part une très forte myopie, une rougeole à troubles méningés, des accès de somnambulisme. Nous vivions en Afrique, et là-bas, tout prend des proportions différentes.


A l'adolescence, retour en France suivi d'un épisode anorexique. Je me revois dans ma chambre, secouée par une image très forte: j'étais sur une arête rocheuse, suspendue dans le vide ; au-dessus de moi, une falaise verticale ; en dessous, ce vide. J'avais le choix, mais je devais faire vite, très vite même. J'ai décidé à coup de volonté de remonter la falaise ; dans la foulée, j'ai découvert la fac et son univers mixte. Je souhaitais faire des études de psycho, ce fut un veto paternel. Et aussi les beaux-arts, mais ce n'est pas un métier. Alors j'ai suivi un cursus de langues pour être un pont entre deux langues, deux cultures.


Une année aux Etats-Unis m'a donné des ailes, que j'ai coupées en plein vol en décidant de rentrer en France et de répondre à la demande en mariage de mon fiancé.


Vie conjugale « normale » avec « tout pour être heureuse » : confort matériel, pas de soucis majeurs, trois enfants en bonne santé, un mari qui m'aimait, alors que je pensais depuis toujours que j'étais un monstre et que personne ne pourrait m'aimer ! Je menais ma vie tambour battant entre la famille et une profession à plein temps qui n'avait rien à avoir avec mes études. Je continuais à rêver ma vie : « plus tard ». Oui, au fait, quoi, plus tard ?


Je n'avais plus de sensibilité au bout des doigts, j'avais pris 30 kilos de manière insidieuse, j'enchainais les problèmes de santé. J'étais incapable de savoir ce que j'aimais, je répondais toujours aux désirs des autres et avais la sensation de ne pas avoir d'identité propre. Je cultivais mes paradoxes, m'enfermais dans mon scénario et allais de plus en plus mal, tout en affichant un sourire digne de Madame la Marquise.


Et puis, un 2ème sursaut: une image, un coup de pied aux fesses, céleste cette fois puisqu'il venait sous la forme d'une confrontation magistrale de mon grand-père maternel, ad patrem depuis un bon quart de siècle : « Je t'ai mise sur la voie lors de ta naissance, quand vas-tu décider de prendre tes propres aiguillages » ? Oui, mon grand-père était pleinement légitime à venir me secouer et à me demander ce que je faisais de ma vie si précieuse. Plus tard ... c'était maintenant.


J'ai alors suivi une thérapie au sein d'un groupe qui m'a permis de comprendre que je m'étais construite en me reniant, tellement persuadée que personne ne pouvait m'aimer que j'avais décidé de me faire toute petite.


J'ai eu encore besoin d'un accident pour m'obliger à faire une pause et me permettre de contacter mes désirs profonds : je voulais être art-thérapeute. Ce fut une première victoire sur mes peurs et une reconnaissance de mon droit à faire ce que j'aimais.


J'ai su que mon chemin s'ouvrait lorsque la vie m'a présenté l'opportunité de me reconnecter à mon rêve d'enfant : « guérir les gens avec mes mains sans les toucher ». Je me suis lancée avec passion dans cette nouvelle expérience et j'ai pris conscience que je ne voulais surtout pas toucher les gens dans mes soins. Tiens donc? Et si j'allais explorer par le massage ce que mon corps avait à me dire?


J'étais prête à découvrir mon secret : peu après une séance de massage subtil et profond, la mémoire d'un traumatisme violent vécu lorsque j'avais 3 ans a refait surface. Ce choc avait marqué le développement de l'enfant que j'étais, et à cet endroit précis, j'étais restée : une petite fille de 3 ans tellement blessée dans son intimité que par protection, les souvenirs conscients se sont effacés mais dont toutes les cellules avaient gardé l'empreinte.


J'ai accueilli la vague, un cri de bête blessée qui montait du plus profond de moi, déclenché par une photo qui jusque-là était restée muette. Sur ce cliché pris lors de mon mariage, je regardais d'un oeil assassin le prêtre qui l'avait célébré, celui-là même qui m'avait baptisée en extrême urgence après ma naissance, Oncle Jacques !


J'ai alors vécu toutes les étapes d'un deuil, y compris celles spécifiques à la guérison de ce traumatisme. J'ai senti que pour guérir la lignée des femmes de ma famille, je devais aller plus loin. S'en est suivi un travail transgénérationnel, vibratoire et spirituel.


J'ai compris que se sentir femme, belle, aimable, désirable ne rimait pas avec « putain ». J'ai appris à être intime avec moi et avec les autres. J'ai rassemblé toutes les parties de moi et vis au quotidien mon rêve d'enfant: je suis thérapeute, un pont reliant deux mondes. En me reliant à la petite Christine d'avant mes 3 ans qui savait pourquoi elle avait choisi de vivre, j'ai retrouvé la partie sacrée de mon être.


J'ai compris que tout ce que nous vivons peut, si nous le décidons, devenir un instrument magnifique de guérison et d'évolution. Alors, le chemin s'ouvre de manière lumineuse."

http://www.reliance-sacree.com 

dragées doncle jacques

 "C'est un tableau que j'ai fait en 2010 après m'être remémoré vibratoirement ce traumatisme. Je l'ai fait en 2 fois. D'abord la partie gauche, en 10 minutes, de la main gauche, j'étais complètement guidée, c'est comme si tous les éléments du tableau avaient été à ma portée juste pour ce moment là et je n'avais pas conscience de ce que j'étais en train de peindre. Je le découvrais au fur et à mesure. Et ça s'est arrêté net. Une semaine après j'ai fait la partie droite, de la main droite, beaucoup plus sereinement. C'est un tableau qui a participé à ma guérison".

 

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